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Yémen: le président Saleh a décrété une amnistie générale, selon la TV d’Etat

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Une porte-parole de l’opposition a aussitôt dénié à M. Saleh le droit de décréter une telle amnistie au moment où les jeunes protestataires, qui campent dans la rue depuis février, appellent à des poursuites contre le chef de l’Etat pour la répression de la contestation qui a fait des centaines de morts.

« Le président de la république a décrété une amnistie générale pour tous ceux ayant commis des erreurs durant la crise », a rapporté la télévision d’Etat.

En sont exclus « ceux qui sont impliqués dans des crimes et dans l’attaque contre la mosquée du Palais présidentiel » le 3 juin dans laquelle M. Saleh et de hauts responsables ont été grièvement blessés, a ajouté la télévision.

Les suspects « qu’ils soient des partis, des groupes ou des individus, seront poursuivis en justice », a indiqué la télévision sans donner de détails.

L’amnistie a été annoncée au lendemain du retour de M. Saleh de Ryad où il avait signé le 23 novembre un accord de transition politique prévoyant son départ dans 90 jours.

En vertu de cet accord, lui accordant l’immunité ainsi qu’à ses proches, M. Saleh a remis le pouvoir à son vice-président, Abd Rabbo Mansour Hadi.

Cette amnistie « est contraire à l’initiative du Golfe, aux termes de laquelle le président a délégué ses prérogatives au vice-président », a déclaré Houria Machhoud, une porte-parole de l’opposition.

« Il n’a plus ni le droit, ni les prérogatives ou la capacité de prendre une telle décision », a-t-elle ajouté à propos de M. Saleh qui, au pouvoir depuis 33 ans, est accusé par la rue de corruption et de népotisme.

Mme Machhoud est la porte-parole du Conseil national de forces de la révolution, une coalition de l’opposition parlementaire, des militaires dissidents, des jeunes protestataires et des indépendants opposés à M. Saleh.

L’agence officielle Saba a indiqué que le président Saleh avait annoncé l’amnistie générale lors d’une réunion de son parti, le Congrès populaire générale (CPG), et de l’actuelle coalition gouvernementale, consacrée à l’accord de Ryad et son mécanisme d’application, signé par le CPG et l’opposition.

M. Saleh a émis l’espoir que ces documents, dont la signature « marque une victoire pour le peuple », « seront mis en oeuvre sans tergiversations ou entraves », ajoutant que « tout atermoiement » doit être dénoncé auprès du Conseil de coopération du Golfe (CCG) et de l’ONU, garants de l’accord de Ryad.

Il a en outre invité les responsables de son parti à « se tenir aux côtés » de M. Hadi, présent à la réunion en sa qualité de vice-président du CPG.

M. Hadi, un homme de consensus, a déjà signé samedi un premier décret par lequel il a convoqué une élection présidentielle anticipée pour le 21 février 2012, à l’expiration de la période de transition qui a commencé à la signature par M. Saleh du plan de transition.

Ce plan, élaboré par les monarchies du Golfe, a fait l’objet de laborieuses négociations conduites avec notamment l’assistance de l’ONU, des Etats-Unis et de l’Union européenne.

Washington a d’ailleurs placé les signataires du plan face à leurs responsabilités. « Il est d’une importance cruciale que le parti au pouvoir et l’opposition (…) se consacrent pleinement à la mise en oeuvre de l’accord », a déclaré John Brennan, principal conseiller du président Barack Obama pour l’antiterrorisme, lors d’un entretien téléphonique avec M. Hadi.

AFP___________

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