Yémen: Saleh demande pardon, se rend pour des soins aux Etats-Unis

Yémen: Saleh demande pardon, se rend pour des soins aux Etats-Unis

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Accusé de corruption et de népotisme, M. Saleh, 69 ans, a accepté de céder le pouvoir en vertu d’un accord sur une transition politique conclu le 23 novembre à Ryad en échange de l’immunité pour lui-même et ses proches.

 

Mais il restera président honorifique jusqu’au 21 février, date de l’élection présidentielle conformément à l’accord de Ryad.

Entre-temps, « je vais me rendre aux Etats-Unis pour des soins et je retournerai à Sanaa en tant que président du Congrès populaire général (CPG) », son parti, a dit M. Saleh, blessé dans un attentat contre son palais en juin, au terme duquel il avait été hospitalisé pendant trois mois en Arabie saoudite.

La Maison Blanche et le Département d’Etat n’ont pas commenté cette annonce.

La déclaration de M. Saleh est intervenue au lendemain du vote d’une loi lui accordant l’immunité pour lui et pour ses proches au Parlement qui a aussi entériné la candidature unique du vice-président Abd Rabbo Mansour Hadi à la présidentielle.

Après ce scrutin, « nous installerons Abd Rabbo Mansour Hadi comme chef de l’Etat (…) et Ali Abdallah Saleh prendra ses valises et fera ses adieux pour aller s’installer dans sa résidence » privée, a ajouté le chef de l’Etat.

Il a invité ses partisans à se tenir aux côtés de M. Hadi et appelé à la réconciliation dans le pays. « Que les gens se réconcilient entre eux », a-t-il dit.

En soirée, M. Saleh a quitté Sanaa, selon une source proche de la présidence qui n’a pas précisé sa destination.

Samedi, un responsable du CPG, Sultan al-Barakani, avait indiqué à l’AFP que M. Saleh devait se rendre d’abord à Oman, puis en Ethiopie, avant d’aller à New York pour des soins.

Selon des sources diplomatiques à Sanaa, le fils aîné du chef de l’Etat, Ahmed, commandant de la Garde républicaine, une unité d’élite redoutée, « se trouve au sultanat d’Oman afin d’y préparer la visite de son père ».

Oman, voisin du Yémen, a déjà accueilli en 1994 l’ancien vice-président et dirigeant sudiste yéménite Ali Salem al-Baid, contraint au cours de son séjour de 15 ans de s’abstenir de toute activité politique.

Vivement contesté dans la rue où la répression d’un mouvement de protestation populaire a fait des centaines de morts depuis un an, M. Saleh a tenu à souligner dimanche que « si des erreurs avaient eu lieu, elles n’étaient pas délibérées » dans une tentative de calmer les esprits.

Mais des dizaines de milliers de personnes ont manifesté de nouveau dimanche à Sanaa pour réclamer son exécution et protester contre la loi lui accordant l’immunité.
« Il est de notre devoir d’exécuter le tyran », « le peuple yéménite a décidé, Saleh doit être exécuté », ont répété les manifestants .
L’émissaire de l’ONU pour le Yémen, Jamal Benomar, a critiqué cette immunité, soulignant le droit des « victimes » à réclamer des comptes.
« L’ONU a une position de principe à l’égard de ce genre d’immunité absolue », a-t-il dit samedi lors d’une conférence de presse, appelant à promulguer « une loi sur la justice et la réconciliation » qui permettrait « aux victimes de réclamer des compensations ».

Le Yémen, l’un des pays les plus pauvres au monde, est en butte à d’énormes difficultés économiques, outre un courant sécessionniste dans le sud, une rébellion chiite dans le nord et un regain d’activités d’Al-Qaïda.

AFP_____________

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