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Yémen: sous la pression de la rue, le président renonce à un nouveau mandat

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« Je suis contre un renouvellement de mon mandat, et contre la transmission héréditaire du pouvoir », a déclaré M. Saleh devant le Parlement qu’il avait convoqué pour une réunion extraordinaire.
Les députés de l’opposition, qui a appelé à une « Journée de colère » jeudi, ont boycotté la séance.
Le chef de l’Etat a en outre annoncé le report des élections législatives prévues pour le 27 avril et dont la tenue en l’absence d’une réforme politique était contestée par l’opposition.
M. Saleh a précisé qu’il avait décidé le « gel des amendements constitutionnels dans l’intérêt national ».
Les députés devaient examiner le 1er mars une révision constitutionnelle proposée par les parlementaires du Congrès populaire général (CPG, au pouvoir) susceptible d’ouvrir la voie à une élection à vie du président.
Un amendement visait à supprimer la limitation à deux du nombre des mandats consécutifs du président.
L’opposition le soupçonne en outre de vouloir transmettre le pouvoir à son fils aîné Ahmed, chef de la garde républicaine, unité d’élite de l’armée.
M. Saleh a appelé l’opposition à « geler les manifestations » et à reprendre le dialogue avec le CPG, interrompu depuis la décision des autorités d’organiser des élections législatives le 27 avril.
Des milliers de Yéménites, inspirés par la Tunisie et l’Egypte, avaient déjà manifesté jeudi à Sanaa à l’appel de l’opposition pour réclamer le départ du chef de l’Etat.
Le président Saleh a également appelé à la formation d’un « gouvernement d’union nationale ».
Au pouvoir depuis 1978, M. Saleh a été élu pour la première fois en 1999 au suffrage universel direct pour un mandat de sept ans. Il a été réélu pour la deuxième fois en 2006 pour un mandat qui arrive à expiration en 2013.
« Je ne vais pas faire preuve d’orgueil, et je vais présenter les concessions l’une après l’autre dans l’intérêt national », a encore déclaré le président dans ce discours au ton extrêmement conciliant.
Le chef de l’Etat a déjà multiplié les mesures sociales et économiques, dont une augmentation des salaires, face à la montée de la grogne populaire dans ce pays pauvre de 24 millions d’habitants.
Il avait ainsi annoncé lundi la création d’un fonds pour l’emploi des diplômés de l’université et l’extension de la couverture sociale à un demi-million de personnes, ainsi qu’une réduction de l’impôt sur le revenu.
Quatre tentatives d’immolation par le feu, dont un cas mortel le 20 janvier, ont été signalées au Yémen, à l’instar d’un acte similaire d’un jeune homme en Tunisie, à l’origine de la révolte qui a conduit à la chute du président Zine El Abidine Ben Ali le 14 janvier.
Le Yémen, l’un des pays arabes les plus pauvres, est la seule république de la péninsule arabique.
Outre la grogne sociale, le président Saleh doit faire face à un mouvement séparatiste qui s’amplifie dans le Sud, ancien Etat indépendant, aux séquelles d’une rébellion chiite dans le Nord, et à la menace du réseau Al-Qaïda, très actif dans le pays.
AFP

 

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